Auréole – Nimbus
L’auréole ou le nimbe est un élément du langage des images. Il indique qu’une personne est sainte, appartient au monde céleste ou est liée à Dieu.
Le mot vient du latin aureola, dérivé de aureus, « doré ». Aureola signifie approximativement « éclat doré » ou « couronne d’or ».
Il symbolise la lumière : la personne vit dans la proximité de Dieu et reflète, pour ainsi dire, Sa splendeur divine.
C’est pourquoi on le représente généralement par un disque doré, un cercle ou une couronne lumineuse derrière ou autour de la tête. L’or évoque ce qui ne disparaît pas : la lumière céleste, la gloire et l’éternité.
Un saint est donc très souvent représenté avec une auréole. Celle-ci symbolise sa sainteté et sa vie dans la gloire de Dieu.
Comment devient-on saint ?
De Serviteur de Dieu à Saint
En résumé :
Serviteur de Dieu → Vénérable → Bienheureux → Saint.
Canonisation équipollente
Elle repose sur la reconnaissance ou la confirmation d’un culte ancien et durable. Dans l’Église orthodoxe, on parle de glorification ou de canonisation. Une personne pouvait d’abord être vénérée localement comme sainte : le mouvement partait de la population. On visitait sa tombe, on sollicitait son intercession, on célébrait sa fête et un diocèse ou un ordre religieux l’inscrivait à son propre calendrier. Sainte Magnhild de Suède en est un exemple.
Par la suite, Rome pouvait étendre à l’Église universelle le culte d’un saint vénéré localement : c’est ce qu’on appelle la canonisation équipollente, ou équivalente. Le culte existant était ainsi confirmé et étendu. Le Saint-Siège rappelle que ces cultes locaux, reconnus autrefois par les évêques, pouvaient être approuvés ultérieurement par Rome.
Saints bibliques
Certains saints n’ont jamais fait l’objet d’une procédure de canonisation. Ils sont vénérés depuis les premiers siècles de l’Église, bien avant l’existence de cette procédure. Parmi eux figurent notamment les apôtres, les anges, de nombreux prophètes et d’autres personnages des Écritures.
Le Très-Saint
Pensons à Dieu, à Jésus et au Saint-Esprit : Ils sont saints par nature. Ils sont eux-mêmes la source de toute sainteté. Leur sainteté n’a pas à être constatée ni conférée par l’Église ; elle appartient à ce qu’Ils sont.
Sacré et saint
Le mot « saint » ne s’applique pas seulement aux personnes. Des objets, des textes, des lieux et des actes peuvent également être qualifiés de saints lorsqu’ils sont consacrés à Dieu d’une manière particulière ou associés au divin.
Quelques exemples :
On trouve aussi les expressions « sainte messe », « saints sacrements », « sainte liturgie », « lieu saint » et « temps sacré ».
Les types d’auréoles
Le mot « nimbe » est parfois employé comme synonyme d’« auréole ». Il existe toutefois une nuance : au sens strict, le nimbe est le cercle lumineux qui entoure la tête. « Halo » est un terme plus général. L’auréole peut également désigner une lumière plus ample entourant le corps entier.
1) halo = terme général (désigne aussi un phénomène naturel)
2) nimbe = halo particulier autour de la tête
3) auréole = rayonnement lumineux plus large, parfois autour du corps entier
4) mandorle = auréole en forme d’amande autour du corps entier
Il existe différentes formes d’auréoles et de nimbes. Le Christ possède un nimbe crucifère, c’est-à-dire un nimbe dans lequel figure une croix. Dieu le Père est parfois représenté avec un nimbe triangulaire. Les saints portent généralement un nimbe rond. Dans l’art médiéval, on rencontre même des nimbes carrés. Ceux-ci étaient surtout utilisés pour représenter une personne encore vivante, mais ayant une place religieuse ou ecclésiastique particulière dans la scène : par exemple un pape, un évêque, un abbé, un fondateur ou un donateur représenté auprès du Christ ou des saints. Le carré signifiait en quelque sorte : « Cette personne fait partie de la scène sacrée, mais elle est encore en vie. » Ce n’était donc pas un signe de sainteté déjà reconnue, mais une manière de distinguer les figures saintes d’un personnage vivant et respecté, participant à la scène ou l’ayant commandée.
👈🏻👈🏻👈🏻 Nimbe rayonnant
👈🏻 Dans de nombreuses représentations byzantines et orthodoxes, le Christ porte un nimbe crucifère contenant des lettres. Dans les trois parties visibles de la croix figurent souvent les lettres grecques Ο Ω Ν. Ensemble, elles signifient approximativement « Celui qui est » et renvoient aux paroles de Dieu à Moïse devant le buisson ardent.
De part et d’autre de la tête du Christ apparaissent souvent les lettres IC XC, abréviation grecque de « Jésus-Christ ».
La forme du nimbe peut en dire beaucoup sur la personne représentée, mais les formes et leurs significations ne sont pas entièrement codifiées à toutes les époques ni dans toutes les régions. Il faut donc toujours tenir compte du personnage, de la date, du lieu et du reste de la scène.
👉🏻 Notre-Dame de Guadalupe
👈🏻 👇🏻 Saint Maurice ne porte pas ici un nimbe rond ordinaire, mais un nimbe festonné, au bord richement décoré et semblable à un rang de perles.
Cette peinture provient d’un reliquaire médiéval, datant d’environ 1300–1325, notamment connu grâce à l’église de Løgumkloster, au Danemark.
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Pour terminer :
Un halo existe aussi dans la nature, parfois sous la forme d’un disque ou d’un cercle. Cela n’a évidemment rien à voir avec la sainteté.
Un halo naturel se forme grâce aux cristaux de glace présents dans l’atmosphère. Ceux-ci doivent être suffisamment transparents et présenter une forme de prisme hexagonal. Tout comme un arc-en-ciel se forme par la réfraction de la lumière du Soleil dans les gouttes de pluie, un halo résulte de la réfraction de la lumière solaire dans les cristaux de glace.
Un halo peut entourer aussi bien le Soleil que la Lune. On observe parfois également des parhélies, comme sur la deuxième photo.
Un halo annonce souvent un changement de temps. Les nuages élevés et fins qui le provoquent peuvent accompagner l’arrivée d’une dépression ou d’un front chaud, annonçant parfois des précipitations.