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Auréole ✠ Nimbus

Auréole – Nimbus


L’auréole ou le nimbe est un élément du langage des images. Il indique qu’une personne est sainte, appartient au monde céleste ou est liée à Dieu.
Le mot vient du latin aureola, dérivé de aureus, « doré ». Aureola signifie approximativement « éclat doré » ou « couronne d’or ».
Il symbolise la lumière : la personne vit dans la proximité de Dieu et reflète, pour ainsi dire, Sa splendeur divine.
C’est pourquoi on le représente généralement par un disque doré, un cercle ou une couronne lumineuse derrière ou autour de la tête. L’or évoque ce qui ne disparaît pas : la lumière céleste, la gloire et l’éternité.
Un saint est donc très souvent représenté avec une auréole. Celle-ci symbolise sa sainteté et sa vie dans la gloire de Dieu.

Comment devient-on saint ?

  1. Il existe différentes voies de reconnaissance de la sainteté. Dans l’Église catholique, on peut distinguer trois grandes catégories :
  2. 1. La canonisation
  3. 2. La canonisation équipollente
  4. 3. Les saints bibliques

    Canonisation
    La canonisation est la procédure par laquelle une personne est déclarée sainte. Le terme canon vient du grec kanôn, qui signifiait à l’origine « règle » ou « mesure », puis ce qui est reconnu comme norme officielle.
    La procédure de canonisation comporte quatre étapes :

    Serviteur de Dieu – l’enquête sur la vie et les vertus de la personne est officiellement ouverte.

    Vénérable – l’Église reconnaît que la personne a pratiqué les vertus chrétiennes de manière héroïque.

    Bienheureux – généralement après la reconnaissance d’un miracle attribué à son intercession ; le culte public est alors autorisé, souvent dans une région ou une communauté déterminée.

    Saint – canonisation ; normalement, un second miracle reconnu après la béatification est nécessaire.

De Serviteur de Dieu à Saint

  1. • Serviteur de Dieu
  2. Lorsque l’enquête officielle sur la vie d’une personne et sa réputation de sainteté est ouverte, celle-ci reçoit le titre de Serviteur de Dieu. Ce n’est que le début de la procédure ; l’Église ne s’est pas encore prononcée définitivement sur sa sainteté.

  3. • Vénérable
    Lorsque, après enquête, l’Église reconnaît qu’une personne a vécu les vertus chrétiennes de manière héroïque, elle lui attribue le titre de Vénérable.

    • Bienheureux
    à partir de ce moment, on peut porter une auréole
    La béatification exige généralement la reconnaissance d’un miracle survenu par l’intercession de cette personne. Cette exigence ne s’applique généralement pas aux martyrs. À partir de la béatification, un culte public est officiellement permis, le plus souvent dans une région, un ordre ou une communauté déterminée.
  4. Saint
    Pour une canonisation, un second miracle reconnu après la béatification est normalement nécessaire. Par la canonisation, la personne est reconnue comme sainte pour l’ensemble de l’Église catholique et peut être publiquement vénérée partout.

En résumé :
Serviteur de Dieu → Vénérable → Bienheureux → Saint.

Bernard de Clairvaux
Jean-Paul II
Fulton Sheen

Canonisation équipollente
Elle repose sur la reconnaissance ou la confirmation d’un culte ancien et durable. Dans l’Église orthodoxe, on parle de glorification ou de canonisation. Une personne pouvait d’abord être vénérée localement comme sainte : le mouvement partait de la population. On visitait sa tombe, on sollicitait son intercession, on célébrait sa fête et un diocèse ou un ordre religieux l’inscrivait à son propre calendrier. Sainte Magnhild de Suède en est un exemple.
Par la suite, Rome pouvait étendre à l’Église universelle le culte d’un saint vénéré localement : c’est ce qu’on appelle la canonisation équipollente, ou équivalente. Le culte existant était ainsi confirmé et étendu. Le Saint-Siège rappelle que ces cultes locaux, reconnus autrefois par les évêques, pouvaient être approuvés ultérieurement par Rome.

Saints bibliques

Certains saints n’ont jamais fait l’objet d’une procédure de canonisation. Ils sont vénérés depuis les premiers siècles de l’Église, bien avant l’existence de cette procédure. Parmi eux figurent notamment les apôtres, les anges, de nombreux prophètes et d’autres personnages des Écritures.


Le Très-Saint
Pensons à Dieu, à Jésus et au Saint-Esprit : Ils sont saints par nature. Ils sont eux-mêmes la source de toute sainteté. Leur sainteté n’a pas à être constatée ni conférée par l’Église ; elle appartient à ce qu’Ils sont.

Sacré et saint
Le mot « saint » ne s’applique pas seulement aux personnes. Des objets, des textes, des lieux et des actes peuvent également être qualifiés de saints lorsqu’ils sont consacrés à Dieu d’une manière particulière ou associés au divin.
Quelques exemples :

  • • Sainte Écriture / Sainte Bible — la Bible en tant que texte sacré.
  • • Saint Graal — selon la tradition, la coupe de la Cène ; son histoire est naturellement entourée de légendes.
  • • Sainte Lance — la lance qui, selon l’Évangile de Jean, perça le côté du Christ ; également appelée lance de Longin.
  • • Sainte Croix — la croix du Christ, notamment les reliques vénérées comme des fragments de la Vraie Croix.
  • • Sainte Couronne d’épines — la couronne du Christ ; des reliques qui lui sont attribuées sont vénérées en divers lieux.

  • • Saints Clous — selon la tradition, les clous de la crucifixion.

    • Sainte Tunique / Sainte Robe — vêtement qui, selon la tradition, aurait appartenu au Christ.

    • Saint-Sépulcre — le tombeau du Christ à Jérusalem.

    • Terre sainte — principalement Israël/Palestine et les lieux associés à la vie du Christ.

    • Lieux saints — églises, sanctuaires, lieux de pèlerinage, grottes, sources et autres lieux tenus pour saints en raison de leur signification religieuse.
  • • Saintes huiles / saint chrême — huile consacrée utilisée dans les sacrements.
  • • Eau bénite — eau bénie au cours d’une cérémonie liturgique.

  • • Sainte Hostie / Très Saint-Sacrement — dans la doctrine catholique, l’Eucharistie consacrée ; ici, « saint » exprime bien davantage que la seule consécration à un usage particulier.

    • Saintes reliques — restes matériels ou objets associés aux saints.

On trouve aussi les expressions « sainte messe », « saints sacrements », « sainte liturgie », « lieu saint » et « temps sacré ».

Auréoles mosaïques
Croix nimbe de Jésus

Les types d’auréoles

Le mot « nimbe » est parfois employé comme synonyme d’« auréole ». Il existe toutefois une nuance : au sens strict, le nimbe est le cercle lumineux qui entoure la tête. « Halo » est un terme plus général. L’auréole peut également désigner une lumière plus ample entourant le corps entier.

1) halo = terme général (désigne aussi un phénomène naturel)
2) nimbe = halo particulier autour de la tête
3) auréole = rayonnement lumineux plus large, parfois autour du corps entier
4) mandorle = auréole en forme d’amande autour du corps entier


Il existe différentes formes d’auréoles et de nimbes. Le Christ possède un nimbe crucifère, c’est-à-dire un nimbe dans lequel figure une croix. Dieu le Père est parfois représenté avec un nimbe triangulaire. Les saints portent généralement un nimbe rond. Dans l’art médiéval, on rencontre même des nimbes carrés. Ceux-ci étaient surtout utilisés pour représenter une personne encore vivante, mais ayant une place religieuse ou ecclésiastique particulière dans la scène : par exemple un pape, un évêque, un abbé, un fondateur ou un donateur représenté auprès du Christ ou des saints. Le carré signifiait en quelque sorte : « Cette personne fait partie de la scène sacrée, mais elle est encore en vie. » Ce n’était donc pas un signe de sainteté déjà reconnue, mais une manière de distinguer les figures saintes d’un personnage vivant et respecté, participant à la scène ou l’ayant commandée.

Rays Nimbus
Christ au Saint Graal
Jésus byzantin
👈🏻👈🏻👈🏻 Nimbe rayonnant

👈🏻 Dans de nombreuses représentations byzantines et orthodoxes, le Christ porte un nimbe crucifère contenant des lettres. Dans les trois parties visibles de la croix figurent souvent les lettres grecques Ο Ω Ν. Ensemble, elles signifient approximativement « Celui qui est » et renvoient aux paroles de Dieu à Moïse devant le buisson ardent.
De part et d’autre de la tête du Christ apparaissent souvent les lettres IC XC, abréviation grecque de « Jésus-Christ ».

Les formes de nimbes

  1. • Nimbe rond ordinaire
  2. C’est le nimbe classique des saints et des anges : généralement un disque rond, doré ou lumineux, placé derrière la tête. Dans votre document, vous le présentez à juste titre comme la forme habituelle chez les saints. Fête des lumières Halloween.

  3. • Nimbe crucifère
    Un nimbe rond portant une croix. Cette forme est surtout réservée au Christ. Dans les représentations médiévales, on voit souvent trois branches de la croix sur le disque doré derrière Sa tête. La National Gallery décrit, par exemple, un halo doré orné d’une croix rouge chez le Christ.

    • Nimbe carré
    Il est notamment connu dans l’art italien et byzantin du haut Moyen Âge. Un nimbe carré pouvait indiquer que le personnage représenté était encore vivant au moment de la réalisation de l’œuvre. Il s’agissait souvent d’un pape, d’un évêque, d’un abbé, d’un donateur ou d’un fondateur intégré à une scène religieuse.
    Ce n’était donc pas le signe qu’il était déjà saint.
  4. • Nimbe triangulaire
  5. Il apparaît dans certaines représentations de Dieu le Père et renvoie à la Trinité. Cette forme est beaucoup plus rare que le nimbe rond et se rencontre surtout dans l’art occidental plus tardif.

  6. • Nimbe rayonnant / couronne de rayons
    Au lieu d’un disque uni, la lumière sacrée prend la forme de rayons partant de la tête vers l’extérieur. Il peut s’agir de rayons fins et droits ou de puissants faisceaux triangulaires. Le Metropolitan Museum décrit, par exemple, un Christ entouré d’un halo de rayons triangulaires dans l’art éthiopien.

    • Nimbe ornemental
    Comme dans l’image de saint Maurice. Il s’agit à la base d’un nimbe rond, mais son bord ou sa surface intérieure peuvent être richement décorés de perles, de motifs géométriques et d’ornements.
  7. • Nimbe en disque d’or
  8. Dans l’art médiéval byzantin et italien, on trouve souvent un disque doré presque plein derrière la tête. Techniquement, il s’agit d’un nimbe rond ordinaire, mais son aspect est si caractéristique qu’il mérite d’être mentionné séparément sur votre carte. La National Gallery of Art décrit de tels halos « en forme de disques d’or » chez les apôtres et les saints.

  9. • Nimbe en ligne / nimbe annulaire
    Il ne s’agit parfois pas d’un disque d’or plein, mais simplement d’un cercle ou d’un anneau fin autour ou derrière la tête. Le sens reste le même : sainteté ou gloire céleste. Les artistes utilisent notamment cette forme lorsqu’ils souhaitent éviter un grand aplat d’or.

    • Nimbe avec inscription ou décor
    Dans certaines œuvres médiévales, des lettres, des noms, des ornements ou des symboles figurent à l’intérieur du nimbe. Sa signification fondamentale reste la même ; ces ajouts aident à identifier le personnage ou enrichissent la décoration.
  10. • Mandorle
  11. Ce n’est pas à proprement parler un nimbe autour de la tête, mais une lumière en forme d’amande qui entoure le corps entier. Vous l’avez déjà dans votre document. Elle sert surtout à représenter le Christ en majesté, la Transfiguration, l’Ascension et, parfois, la Vierge Marie. Fête des lumières Halloween.

    • Auréole entourant le corps entier
    Un rayonnement plus large qui enveloppe le corps sans nécessairement présenter la forme d’amande très marquée de la mandorle. La distinction que vous faites entre le nimbe de la tête et l’auréole plus ample autour du corps est donc utile.

La forme du nimbe peut en dire beaucoup sur la personne représentée, mais les formes et leurs significations ne sont pas entièrement codifiées à toutes les époques ni dans toutes les régions. Il faut donc toujours tenir compte du personnage, de la date, du lieu et du reste de la scène.

Saint Maurice 1
👉🏻 Notre-Dame de Guadalupe

👈🏻 👇🏻 Saint Maurice ne porte pas ici un nimbe rond ordinaire, mais un nimbe festonné, au bord richement décoré et semblable à un rang de perles.
Cette peinture provient d’un reliquaire médiéval, datant d’environ 1300–1325, notamment connu grâce à l’église de Løgumkloster, au Danemark.
Notre-Dame de Guadalupe

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Saint Maurice 2

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Pour terminer :

Un halo existe aussi dans la nature, parfois sous la forme d’un disque ou d’un cercle. Cela n’a évidemment rien à voir avec la sainteté.

Un halo naturel se forme grâce aux cristaux de glace présents dans l’atmosphère. Ceux-ci doivent être suffisamment transparents et présenter une forme de prisme hexagonal. Tout comme un arc-en-ciel se forme par la réfraction de la lumière du Soleil dans les gouttes de pluie, un halo résulte de la réfraction de la lumière solaire dans les cristaux de glace.

Un halo peut entourer aussi bien le Soleil que la Lune. On observe parfois également des parhélies, comme sur la deuxième photo.

Un halo annonce souvent un changement de temps. Les nuages élevés et fins qui le provoquent peuvent accompagner l’arrivée d’une dépression ou d’un front chaud, annonçant parfois des précipitations.

Halo 1
Halo 2
Primsa hexagonale