Vendredi Saint
Aujourd’hui est le jour où Jésus est condamné et crucifié.
Comment pouvons-nous appeler un tel jour… « Saint » ?
👉 « Saint » signifie ici quelque chose de différent. Cela ne veut pas dire : agréable, beau ou plaisant. Cela signifie : salvateur, porteur de sens, rédempteur, guérisseur.
En ce jour, Jésus meurt innocent, par amour pour l’humanité. C’est pourquoi on l’appelle « Saint ». Non pas à cause de la souffrance… mais à cause de ce qu’il apporte.
Aujourd’hui, il n’y a pas de lumière, pas de réponse, pas de victoire. Aujourd’hui, il n’y a que… rester.
Sous la pression. Sous le jugement. Sous la douleur.
Il n’a pas fui. Il ne s’est pas défendu. Il est resté.
Jusqu’à la fin.
Et cela… est peut-être ce qu’il y a de plus difficile. Ne pas lutter — alors que l’on pourrait. Ne pas se justifier — alors qu’il y a des explications. Mais… rester.
Hier soir, il a été arrêté par des soldats et des gardes du Temple. Ils le conduisent devant Anne, un grand prêtre juif. Il ne trouve pas grand-chose contre lui, et l’envoie à Joseph Caïphe. Caïphe, également grand prêtre et président du Sanhédrin — le plus haut conseil juif. Là, dans l’obscurité, il est interrogé, accusé, mis à l’épreuve… sur son enseignement et ses disciples.
Des interrogatoires dans la nuit… cela en dit long…
Le Sanhédrin (du grec synedrion, « siéger ensemble ») était dans l’Antiquité le conseil suprême juif, composé de 71 membres (grands prêtres, anciens et scribes), qui faisait office de plus haute instance judiciaire et administrative à Jérusalem.
Là, il est condamné à mort. Mais… point délicat : ils ne peuvent pas eux-mêmes exécuter la sentence (ce ne serait pas « pur »). Alors ils jouent le jeu politique avec dureté. À la première lumière du jour, ils remettent Jésus à Rome — aux autorités judiciaires. Le Sanhédrin prononce le jugement… mais laisse un autre l’exécuter.
Pour garder leurs mains propres. Mais Pilate voit ce qui se passe. Ce n’est pas la justice. Il essaie. Il questionne. Il hésite. Il pèse.
Dans une tentative de le libérer, Pilate envoie Jésus à Hérode Antipas. Hérode ne sait pas non plus quoi en faire, si ce n’est penser : si quelque chose doit se faire… que cela se fasse vite — demain c’est la Pâque. Ainsi, Jésus revient à Pilate. Pilate donne au peuple le choix : Barabbas — le meurtrier — ou Jésus. Convaincu qu’ils choisiront de condamner Barabbas… Mais à sa stupeur, le peuple choisit de libérer Barabbas…
Ainsi, Jésus est crucifié au petit matin, à la troisième heure — 09h00 — sur le mont Golgotha. Les heures passent… lentement… Et vers la sixième heure (12h00)…
l’obscurité tombe…
L’obscurité sur toute la terre… ici meurt le Fils de Dieu… la création retient son souffle.
Et vers la neuvième heure (15h00), il rend l’esprit. Non brisé… mais donné. Ensuite vient la lance. Non pour tuer… mais pour confirmer que tout est accompli.
Qui reste encore ? Quelques femmes : Marie, sa mère. Marie-Madeleine. Marie, femme de Clopas. Et Jean, son apôtre le plus fidèle, qui n’a pas reculé.
Il y a aussi des soldats romains. Leur centurion dit : « Vraiment, celui-ci était le Fils de Dieu ».
La plupart ont fui. Mais eux… eux ont vu, eux ont ressenti toute la douleur, ils sont restés jusqu’à la fin.
Alors apparaît Joseph. Pas un disciple en vue. Pas une voix entendue auparavant. Mais en cet instant…
il s’avance. Là où d’autres se taisent, là où la peur domine, il demande le corps.
Sans bruit, sans se montrer à la foule, mais de manière décisive.
Parfois, ce n’est pas celui qui était le plus proche… mais celui qui se lève au bon moment.
Joseph d’Arimathie, membre du Sanhédrin — le même conseil qui a condamné Jésus — était un homme riche et disciple en secret. Il avait de l’influence. Un accès direct à Pilate. Et ainsi, il obtient la permission de descendre son corps de la croix. Marie, sa mère, ne pouvait pas le faire. Les femmes n’avaient pas de statut juridique. Elle ne pouvait tout simplement pas.
Ce que fit Joseph d’Arimathie n’était pas insignifiant — c’était un acte de courage. Il s’associe ouvertement à quelqu’un qui vient d’être exécuté, condamné par le conseil dont il fait lui-même partie. Cela pouvait lui coûter sa position… voire plus…
Vers le soir, il est descendu de la croix. Dans le silence. Avec soin, mais rapidement ….car le jour de repos approche… et pas un sabbat ordinaire : la Pâque. En quelques heures (avant 18h00), tout doit être fait : demander la permission, descendre le corps, l’envelopper, le déposer dans le tombeau.
Le temps presse.
Ce qui doit être fait… est fait. Alors il est déposé dans un tombeau. Un tombeau neuf, taillé dans le roc. La pierre est roulée devant. Le soleil se couche. Le sabbat commence.
Aujourd’hui, pas de réponse. Seulement ceci :
Il est resté.
Jusqu’à la fin.
Il repose dans le tombeau.
Tout devient silence.
Et le monde… attend.