L’orgue a sa place fixe dans une église. Presque chaque église possède un orgue, voire plusieurs. Comment cela se fait-il ? Pourquoi chaque église n’a-t-elle pas un autre instrument standard ? Une guitare, une harpe, un piano, une flûte traversière ou autre chose ?
Cela vient principalement du Psaume 150. Bien que d’autres instruments y soient également mentionnés, il y est surtout question de l’orgue. Un orgue imite en quelque sorte de nombreux instruments. Même une Vox Humana = une voix humaine. Du violon à la trompette, en passant par les cloches, le bourdon, la flûte, la quinte, la douçaine, la flûte à cheminée, le hautbois, la trompette, le gemshorn, le trombone, le clairon, les cloches, le violon, le piano bien sûr, et ainsi de suite : tout cela se retrouve dans les jeux d’un orgue. Un orgue est presque un orchestre symphonique à lui tout seul.
👈🏻 registres de gauche de l’orgue Hillen de la Grote Kerk de Breda.
Registres à droite 👉🏻
par exemple : Trompette, Bourdon, Cloches, Hautbois, Viole et bien d’autres.
Dans le Psaume 150:4, il est écrit :
4 Louez-Le avec le tambour et la flûte ; louez-Le avec les instruments à cordes et l’orgue !
D’autres instruments sont également mentionnés. Ceux-ci peuvent pratiquement tous être transportés à la main. Un orgue, non. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’orgue est installé « à demeure » dans une église.
Autrement dit — raison 2 — l’orgue peut ainsi représenter les nombreux instruments mentionnés dans le Psaume 150.
Les orgues sont les joyaux d’une église. À l’époque gothique en particulier, ils étaient souvent magnifiquement décorés et plus ils étaient beaux, plus ils servaient à honorer Dieu.
Profitez-en et souvenez-vous qu’ils sont là en l’honneur de Dieu. Louez-Le avec la plus belle musique.
Tout comme une église « grandit » au fil des siècles, l’orgue grandit lui aussi avec elle. Un orgue demande beaucoup d’entretien et presque chaque siècle, une restauration en profondeur est indispensable si l’on veut qu’il reste jouable. À chaque restauration, il est donc, dans la mesure du possible, adapté aux souhaits de son époque. Cela signifie généralement que l’orgue « grandit » encore : davantage d’options, davantage de possibilités. C’est pourquoi on compare parfois l’orgue à un diamant qui ne cesse de s’enrichir : toujours plus beau, toujours plus somptueux.
HISTOIRE
Pour ceux qui pensent que l’orgue est apparu quelque part au Moyen Âge, il faut savoir que ses premières origines remontent déjà aux anciens Grecs.
Alors, existait-il déjà un orgue à l’époque où Jésus vivait ? Oui, sous une certaine forme. Mais pas comme l’orgue que nous connaissons aujourd’hui ; au fil des siècles, l’instrument a énormément changé de forme.
Pour ses débuts, nous remontons à environ 246 av. J.-C. Ctésibios, scientifique et inventeur installé en Égypte, met alors au point l’orgue.
Il s’inspira des bergers qu’il voyait jouer de la flûte de Pan : une rangée de petits tuyaux attachés les uns aux autres.
La flûte de Pan tire son nom du dieu grec Pan. C’était un faune : Pan avait le bas du corps et les cornes d’un bouc, mais le haut du corps d’un homme. Il avait aussi un visage long et étroit, un grand nez et de petits yeux jaunes.
Le dieu des bois Pan, éternellement lubrique, avait jeté son dévolu sur la chaste nymphe Syrinx, une suivante de la déesse Diane. Elle ne voulait absolument pas de lui, mais Pan ne l’écoutait pas et se lança à sa poursuite.
Jusqu’à ce qu’elle atteigne le fleuve Ladon, en Grèce, et ne puisse plus aller plus loin. Pan pensa pouvoir enfin la maîtriser. Désespérée, elle s’agenouilla et pria les dieux afin de pouvoir rester vierge. Sa prière fut exaucée et, juste à temps, elle fut transformée en roseau.
Pan abandonna tout espoir et, frustré, souffla le long des roseaux, qui produisirent alors un son. Il coupa les roseaux pour en faire une flûte de Pan.
Les anciens Grecs appelaient cette flûte Syrinx.
Pan était associé à de nombreux bruits mystérieux dans les forêts, qui effrayaient les bergers et leurs troupeaux, mais aussi les personnes se trouvant dans des endroits isolés.
C’est de là que vient l’explication du mot panique. Une peur panique est une peur soudaine, générale, mais souvent sans fondement.
Pour cette raison, mieux valait probablement rester en bons termes avec lui.
À partir du Moyen Âge, certains traits physiques de Pan — pattes de bouc, cornes et caractéristiques animales — furent également utilisés dans des représentations de démons et du diable.
Bien plus tard, le personnage littéraire de Peter Pan reçut lui aussi des traits rappelant le Pan de l’Antiquité.
Dans l’hydraulis, l’air faisait sonner les tuyaux, tandis que l’eau contribuait à réguler la pression de l’air. D’où le nom d’orgue hydraulique.
On l’appelait donc hydraulis — également hydraulos, hydraulikon, organon ou hydraulus — termes signifiant à peu près « tuyau d’eau » ou « flûte d’eau ». 👉🏻
Le scientifique grec Ctésibios fut aussi l’inventeur de l’horloge à eau.
À cette époque, le cadran solaire était pratiquement le seul moyen de mesurer le temps. Ce qui était évidemment très peu pratique la nuit ou par temps couvert.
Le terme « orgue hydraulique » désigne aujourd’hui également quelque chose de tout à fait différent : une installation où de la musique d’orgue est accompagnée de plusieurs fontaines qui bougent au rythme de la musique.
Un exemple bien connu se trouve à l’Efteling, aux Pays-Bas.
Le fonctionnement est donc totalement différent de celui de l’orgue de Ctésibios.
Revenons aux débuts de l’orgue.
À cette époque, ces instruments ne ressemblaient encore en rien aux orgues que nous connaissons aujourd’hui. Ils étaient petits, transportables, parfois même installés sur un chariot afin de pouvoir participer à des défilés ou à des processions religieuses.
Mais ils fonctionnaient déjà grâce à l’air.
Du plus petit au plus grand, on distingue : l’orgue portatif, l’orgue positif et l’orgue d’église.
Un orgue portatif pouvait être porté avec soi. Les modèles un peu plus grands avaient un pied de soutien. Le poids était ainsi moins difficile à porter et l’on gardait les mains plus libres.
Une main servait à jouer et l’autre à actionner le soufflet.
Un orgue positif est un petit orgue à tuyaux que l’on ne porte pas pendant qu’on le joue, mais que l’on pose quelque part : sur une table, un support ou directement au sol.
Il possède généralement un clavier et plusieurs rangées de tuyaux.
Le mot positif vient du latin ponere — « poser ».
Donc littéralement : un orgue que l’on pose, contrairement à l’orgue portatif que l’on porte.
Par la suite, les instruments devinrent de plus en plus grands et de plus en plus richement décorés.
Si grands qu’ils ne pouvaient plus être portés, ni même tenir sur un chariot.
Ils reçurent alors une place fixe dans l’église.
La musique était magnifique et l’on pouvait accompagner les Psaumes avec l’orgue.
On pouvait bien sûr également montrer à quel point on était riche, mais plus encore : montrer de quelle manière on honorait Dieu.
Autrement dit, on est passé de : « Je porte mon orgue avec moi. » 😄
à : « Pose-le donc là. »
puis finalement : « Bon… celui-là, tu ne le feras vraiment plus passer par la porte de l’église. »
👈🏻 👈🏻 Ange Ariëtta avec un orgue portatif muni d’un pied de soutien.
Pour notre Jeune Ordre : veux-tu la colorier toi-même ? Tu trouveras une page de coloriage dans la rubrique « Jeune Ordre ».
👈🏻 Moines du Moyen Âge avec un orgue positif.
Les premiers orgues ne possédaient pas de registres permettant d’activer ou de désactiver certaines rangées de tuyaux.
Il n’était donc pas possible de varier le timbre ou l’intensité du son.
Pour obtenir malgré tout davantage de variété, on construisit derrière l’organiste un second orgue, appelé positif de dos.
Un autre orgue pouvait également être placé au-dessus du premier : le positif supérieur ou division supérieure.
Afin de laisser aux mains davantage de possibilités de jeu, les tuyaux graves furent joués avec les pieds : c’est le pédalier, apparu vers 1470.
Vers l’an 1500, il devint possible d’activer ou de désactiver des rangées de tuyaux, permettant ainsi de faire entendre beaucoup plus de timbres différents : les registres.
L’organiste actionne ce mécanisme en tirant ou repoussant les boutons de registre placés à côté ou au-dessus de la console ou du clavier.
Voir les deux photos du haut.
Vers le milieu du XVIIIe siècle, l’orgue atteignit un important sommet dans son développement.
Par la suite, on tenta sans cesse de l’améliorer et de l’adapter aux exigences et aux goûts changeants de chaque époque.
L’arrivée de l’ère industrielle eut notamment une grande influence.
À notre époque, la facture d’orgue est souvent revenue aux principes de construction de la période florissante de l’orgue mécanique.
Le principal ajout de notre époque est la soufflerie électrique.
Elle maintient les soufflets remplis d’air, ce qui nous a permis de dire adieu aux souffleurs d’orgue ou calcants.
Les éléments nécessaires au fonctionnement d’un orgue ordinaire sont :
• Les tuyaux.
• La boîte sur laquelle sont disposés les tuyaux : le sommier.
• Les conduits par lesquels l’air est envoyé vers les tuyaux.
• Le soufflet, qui assure la réserve d’air et la pression correcte du vent.
• Les soupapes qui ferment l’arrivée d’air vers les tuyaux.
• Les touches permettant d’ouvrir et de fermer ces soupapes.
• La liaison entre la touche et la soupape : la transmission mécanique.
• La console ou l’ensemble des claviers.
Plus l’orgue est grand, plus il lui faut d’air.
À l’époque où l’électricité n’existait pas encore, on utilisait pour cela des souffleurs d’orgue, également appelés calcants ou « pompeurs ».
Et avec un grand orgue d’église, ils avaient vraiment du travail !

Prenons par exemple ce majestueux orgue Hillen de la Grote Kerk de Breda, qui avait déjà une taille comparable avant la mécanisation.
On voit les deux colonnes extérieures de grands tuyaux : ce sont les tuyaux de pédale, joués avec les pieds.
Ce sont des tuyaux de 16 pieds, les plus grands atteignant environ 5 mètres de longueur, avec un diamètre pouvant atteindre environ 10 cm.
L’orgue lui-même mesure 23 mètres de haut !
Nous parlons ici de tuyaux graves qui demandent énormément d’air.
Non seulement parce qu’ils sont longs, mais surtout parce que de grands tuyaux comme ceux-ci doivent entretenir une importante colonne d’air.
Et bien sûr, il n’y a pas seulement ces douze grands tuyaux : tout le reste de l’orgue s’y ajoute.
Au total : 3 780 tuyaux d’orgue.
Sur un grand orgue historique comme celui-ci, il existait donc un véritable système d’alimentation en vent avec de grands soufflets placés derrière l’instrument.
Heureusement, les souffleurs n’avaient pas à pomper directement « pour chaque tuyau séparément » ; ils maintenaient sous pression les grands soufflets-réservoirs.
Ces soufflets fonctionnaient comme une sorte de réserve d’air.
Mais dès que l’organiste tirait de nombreux registres, jouait des accords et utilisait surtout fortement le pédalier, la réserve diminuait plus rapidement et les calcants devaient travailler sérieusement.
Lorsque l’orgue jouait à pleine puissance, ce n’était certainement pas un travail consistant à appuyer tranquillement sur une pédale une fois par minute.
Il fallait réellement maintenir la réserve d’air à niveau.
Sur les grands orgues, plusieurs calcants pouvaient même être nécessaires en même temps.
C’est également pourquoi certains orgues historiques possèdent encore des systèmes destinés aux souffleurs : une petite cloche, un signal, un indicateur ou un autre moyen grâce auquel l’organiste pouvait leur faire comprendre :
du vent !
Autrement dit, lorsqu’un puissant registre de pédale était fortement sollicité, des personnes situées sous ou derrière l’orgue devaient littéralement travailler pour permettre à cette énorme note grave de résonner tout en haut de l’église.
Aujourd’hui, on appuie sur un interrupteur et l’on entend :
wooooooosh.
Autrefois, derrière exactement ce même son, il y avait simplement quelqu’un qui transpirait. 🎶
👈🏻 souffleurs d’orgue ou
calcants
Organisation d’un orgue :
Un orgue de cette taille possède plusieurs claviers, appelés claviers manuels ou manuels.
Un manuel est joué avec les mains.
Si nous restons sur cet orgue précis, la console possède quatre claviers manuels.
À cela s’ajoute un pédalier, joué avec les pieds.
👈🏻 Le pédalier se joue avec les pieds.
👉🏻
Console avec quatre claviers, autrement dit quatre manuels.
Les facteurs d’orgue numérotent les manuels du bas vers le haut.
Lorsque l’orgue n’est pas joué, un ancien tissu de protection est posé sur les claviers.
Le texte latin qui s’y trouve provient de l’Ars Poetica du poète romain Horace.
Il y écrit notamment que celui qui veut émouvoir quelqu’un doit d’abord être lui-même véritablement ému.
Les paroles, l’émotion et la manière de les prononcer doivent s’accorder.
Une pensée remarquablement appropriée dans un lieu où la musique a précisément pour but de transmettre quelque chose.
Latijns: Si vis me flere, dolendum est primum ipsi tibi; tum tua me infortunia laedent, Telephe vel Peleu. Male si mandata loqueris, aut dormitabo aut ridebo.
Tristia maestum vultum verba decent, iratum plena minarum, ludentem lasciva, severum seria dictu.
Format enim natura prius nos intus ad omnem fortunarum habitum; iuvat aut impellit ad iram aut ad humum maerore gravi deducit et angit; post effert animi motus interprete lingua.
Nec sic incipies, ut scriptor cyclicus olim: “Fortunam Priami cantabo et nobile bellum.” Quid dignum tanto feret hic promissor hiatu?
Traduit :
Si tu veux que je pleure, tu dois d’abord toi-même éprouver une véritable tristesse ; alors seulement tes malheurs me toucheront, Téléphe ou Pélée.
Si tu prononces mal tes paroles, je m’endormirai ou je rirai.
Les paroles tristes conviennent à un visage affligé, les paroles menaçantes à la colère, les paroles légères à la joie et les paroles sérieuses à la gravité.
Car la nature forme d’abord nos émotions intérieures : elle nous rend heureux, nous pousse à la colère ou nous accable sous le poids d’un profond chagrin.
Ensuite, la langue exprime ces mouvements intérieurs.
Ne commence pas non plus comme le faisait autrefois un ancien poète épique :
« Je chanterai le destin de Priam et la célèbre guerre. »
Que pourra donc produire ensuite quelqu’un qui commence par une promesse aussi immense et qui soit encore à la hauteur de celle-ci ?
Pour les quatre photos ci-dessous :
Manuel 1 est le clavier inférieur et commande le positif de dos, visible sur la photo 1.
Manuel 2 est le deuxième clavier à partir du bas et commande le grand-orgue, visible sur la photo 2.
Manuel 3 commande la division supérieure.
Cette division se trouve plus haut dans le buffet de l’orgue, derrière le grand-orgue, et n’est donc pas visible depuis l’avant.
Il n’y a donc pas de photo.
Manuel 4 est le clavier supérieur et commande le positif de poitrine, visible sur la photo 3.
Sur la photo, les volets sont fermés ; les petits tuyaux du positif de poitrine se trouvent derrière.
Le pédalier commande les tours de pédale, visibles sur la quatrième photo.
Les plus grands tuyaux de 16 pieds mesurent environ 5 mètres de long et peuvent atteindre environ 10 cm de diamètre.
Outre les tuyaux d’orgue en bois — utilisés notamment pour certains timbres comme le hautbois — la majorité des tuyaux sont fabriqués dans un alliage d’étain et de plomb.
Plus l’alliage contenait d’étain, plus les tuyaux brillaient.
Ces tuyaux étaient donc souvent placés à l’avant : ce sont les tuyaux de façade.
Dans la facture d’orgue, une teneur plus élevée en étain est traditionnellement associée à un caractère sonore plus clair, même si le résultat final dépend évidemment surtout de la taille des tuyaux, de leur forme, de la pression du vent et de l’harmonisation.
L’étain et le plomb sont tous deux des métaux tendres.
Les tuyaux contenant beaucoup de plomb peuvent donc facilement se déformer.
Le facteur d’orgue doit tenir compte non seulement du son, mais aussi de la solidité du matériau.
Au fil des siècles, les grands tuyaux peuvent ainsi se déformer lentement sous leur propre poids, voire s’affaisser légèrement.
Les matériaux et les tuyaux réagissent aux variations de température.
Au Moyen Âge, les églises n’étaient pas chauffées et, en période de gel, il pouvait y faire extrêmement froid.
Les volets de l’orgue protégeaient notamment l’instrument contre la poussière, la saleté et les nuisibles, tout en ayant une importante fonction visuelle et liturgique.
Les grands panneaux verticaux de cet orgue datent du début du XVIIe siècle et sont maintenus par des ferrures en fer forgé.
Ces charnières permettent aux volets de pivoter.
David occupe la place centrale dans les peintures et il est, comme souvent, représenté avec une harpe.
David fut choisi en lien avec la musique parce qu’un grand nombre de Psaumes de la Bible lui ont traditionnellement été attribués.
À gauche — du côté nord de l’église — David triomphe et marche en tête du cortège vers nous, les spectateurs.
À sa droite, des joueurs de cor célèbrent la victoire par la musique.
Les lances et la bannière rappellent le combat qui vient d’avoir lieu.
David porte avec lui son trophée de guerre :
la tête encore ensanglantée de Goliath.
À droite de Goliath se trouve le roi Saül, coiffé d’un turban, qui regarde la scène avec stupeur et jalousie.
Car ce n’est pas lui, mais le simple berger David, qui est célébré et reçoit tous les honneurs après avoir vaincu le grand ennemi du peuple d’Israël : les Philistins.
À droite — du côté sud de l’église — nous retrouvons également David au centre.
Il joue de la harpe, symbolisant son rôle de psalmiste — poète et auteur de chants religieux.
David porte une couronne parce qu’il est devenu roi d’Israël.
Nous voyons ici le joyeux cortège dans lequel David apporte l’Arche d’Alliance à Jérusalem.
Jérusalem acquit ainsi une place prééminente comme centre religieux et fut même représentée comme le centre du monde sur certaines mappae mundi médiévales.
L’Arche symbolise la présence de Dieu et Son lien avec Son peuple.
Et tout autour de cette scène se trouve l’orgue : l’instrument qui porte le chant de louange dans l’église.
Cela rejoint le Psaume 150, qui invite à louer Dieu avec toutes sortes d’instruments de musique.
Ainsi, l’Église relie les hommes à Dieu :
David jouant de la harpe, les Psaumes chantés et le culte accompagné par la musique de l’orgue.
Pendant les périodes de deuil et de jeûne, l’orgue connaissait également des périodes de silence.
Cette retenue symbolisait la sobriété liturgique.
Pendant le Carême, son utilisation était fortement limitée.
Le Jeudi saint, les cloches sonnent une dernière fois de manière festive pendant le Gloria.
Ensuite, elles se taisent jusqu’au Gloria de la Vigile pascale.
L’orgue lui aussi se fait beaucoup plus discret pendant ces jours.
L’église devient sobre : pas de musique éclatante, pas de sonnerie de cloches.
Selon une ancienne tradition populaire, « les cloches partent à Rome ».
Ce n’est qu’au Gloria de la Vigile pascale que les cloches et la musique reviennent dans la joie.
Voir : Fêtes chrétiennes > Jeundi saint.
Lorsque les volets sont fermés, leur face arrière devient visible.
On y voit un ciel de nuages drapé sous des tentures de deuil.
Aujourd’hui, les volets restent ouverts en permanence.
L’église possède désormais un système de chauffage et même un chauffage par le sol, installé en 1996.
Et heureusement — car cela nous permet, quatre siècles plus tard, de continuer à admirer la même histoire peinte.
Et derrière une façade aussi splendide se trouvent des centaines de tuyaux — 3 780 dans cet orgue.
Comme les tuyaux d’orgue sont sensibles à la température et se dilatent ou se contractent, l’orgue est contrôlé et accordé avant chaque concert.
Avec un orgue de 23 mètres de haut, cela signifie également qu’il faut beaucoup grimper.
Pas question d’avoir le vertige ici…..
David et sainte Cécile – la musique en l’honneur de Dieu
La statue en bois à gauche représente le roi David avec sa harpe.
Elle se trouvait autrefois sur l’orgue de la Grote Kerk de Breda, avant la restauration réalisée par Flentrop en 1969.
À droite se trouve sainte Cécile, tenant un petit orgue dans ses bras et une palme comme symbole de son martyre.
Cécile fut une martyre des premiers temps du christianisme et devint, au fil des siècles, la patronne de la musique et en particulier de la musique d’église.
C’est pourquoi elle est souvent représentée dans les églises avec un orgue.
Ainsi se trouvent ici côte à côte deux symboles séculaires de la musique d’église :
David avec sa harpe et sainte Cécile avec l’orgue — tous deux liés à la musique comme louange à Dieu.
LE FONCTIONNEMENT
Un tuyau d’orgue a besoin d’air pour produire un son.
Outre la différence entre les tuyaux en bois et les tuyaux métalliques — généralement faits d’un alliage d’étain et de plomb — il existe globalement deux grandes catégories de tuyaux :
les tuyaux à anche et les tuyaux à bouche.
Les tuyaux à bouche, ou tuyaux labiaux, sont les plus connus.
Le son est produit lorsque l’air passe sur une arête — le labium — un peu comme dans une flûte à bec.
Un tuyau à anche possède, dans sa partie inférieure, une fine languette métallique qui se met à vibrer sous l’effet de l’air.
Cela produit un son plus marqué, parfois plus incisif ou plus « instrumental », comme avec la Trompette, le Hautbois, la Douçaine, le Basson, etc.
La languette métallique vibrante est cachée dans le pied du tuyau et n’est pas visible de l’extérieur.
Les tuyaux à anche sont souvent reconnaissables à leurs résonateurs particuliers en forme de coupe ou d’entonnoir.
👆🏻 1 = pied – 2 = lèvre inférieure – 3 = bouche / ouverture – 4 = lèvre supérieure – 5 = corps – 6 = ouverture supérieure
👆🏻👆🏻 Grands tuyaux à bouche — ici les grands tuyaux de pédale d’environ 5 mètres
👆🏻👆🏻👆🏻 tuyaux à anche
L’orgue reçoit son air par les soufflets, qui étaient autrefois actionnés par les souffleurs d’orgue.
Aujourd’hui, cette tâche est assurée par une machine : la soufflerie électrique.
Le vent de l’orgue passe par des tuyaux flexibles jusqu’au sommier (1).
Ces tuyaux flexibles (2 — ceux-ci sont modernes) étaient autrefois fabriqués en peau de mouton, matériau qui se détériore évidemment au fil des siècles.
Les sommiers peuvent être imaginés comme de longues boîtes en bois contenant des glissières perforées, appelées registres coulissants.
Lorsque l’organiste tire un registre, l’une de ces glissières se déplace et permet à l’air d’atteindre un groupe déterminé de tuyaux.
C’est ainsi que l’organiste choisit quel timbre participe au son.
Avec les touches des claviers manuels et avec le pédalier, l’organiste détermine ensuite quelle note doit sonner.
Ce mouvement est transmis par de petites lattes de bois et de fins fils — la transmission mécanique (3) — jusqu’à une soupape dans le sommier.
La soupape s’ouvre, l’air entre dans le tuyau choisi et :
son ! 🎶
registre = quel timbre
touche / pédale = quelle note
L’ORGANISTE
Et lorsqu’on dit orgue — organiste — on dit Bach.
LE plus célèbre organiste de tous les temps.
La musique commence et finit avec Johann Sebastian Bach.
(✶ 31 mars 1685 – ✝︎ 28 juillet 1750)
Il n’était pas seulement compositeur, mais aussi un organiste exceptionnel, déjà célèbre de son vivant pour son jeu et ses improvisations phénoménales.
On pouvait lui donner un thème sur place et il était capable de construire autour de celui-ci une fugue complète ou une élaboration de choral.
Lorsqu’il examinait un orgue, Bach aimait tester les notes les plus graves du pédalier et les registrations les plus puissantes — pas vraiment avec délicatesse.
Il voulait savoir si l’instrument avait véritablement de la puissance et de la tenue.
À son époque, on pourrait donc presque le comparer à un contrôleur technique officiel des orgues. 😄
Son jeu de pieds était célèbre.
Chez Bach, le pédalier n’est pas simplement « la basse » : il peut jouer une véritable ligne mélodique pendant que les deux mains jouent simultanément autre chose.
Certains récits racontent que les auditeurs étaient stupéfaits qu’un seul homme puisse faire entendre autant de voix indépendantes sur un même orgue.
Chez Bach, les pieds n’étaient pas un simple accompagnement.
Ils étaient tout simplement une troisième main.
Si Bach avait visité Breda de son vivant, il aurait pu y entendre jouer un orgue.
Cette église, Notre Dame de Breda, possédait déjà un orgue en 1411.
Comme nous l’avons déjà dit, un orgue est presque un orchestre symphonique complet à lui tout seul.
Un organiste joue simultanément avec ses deux mains et ses deux pieds.
Physiquement, jouer de l’orgue ressemble donc presque à une chorégraphie : les quatre membres travaillent en même temps.
Les organistes développent souvent une sorte de « mémoire des pieds ».
Sans regarder constamment vers le bas, ils savent où se trouvent les touches du pédalier — tout en devant réfléchir presque comme un chef d’orchestre.
Il faut également anticiper :
Quels registres dois-je tirer et à quel moment ?
Quels claviers dois-je accoupler ?
Quand dois-je changer de timbre ?
Sur de grands orgues comme celui-ci, l’organiste peut être aidé par des registrants.
Ce sont des personnes qui actionnent, au bon moment, les bons registres pour l’organiste.
Et souvenons-nous qu’au Moyen Âge, il y avait également les calcants.
Jouer de l’orgue n’est donc pas toujours une affaire d’une seule personne.
Comme les tuyaux peuvent se trouver très loin de la console — surtout dans les grandes églises — l’organiste peut parfois percevoir un léger décalage entre l’enfoncement d’une touche et l’arrivée du son.
Il faut donc également apprendre à jouer avec l’acoustique.
Celui qui pense que jouer de l’orgue consiste simplement à s’asseoir et à appuyer sur des touches se trompe.
Dans les grandes œuvres, cela ressemble presque à du sport de haut niveau :
les mains et les pieds bougent indépendamment, les registres sont constamment modifiés et, lorsque plusieurs claviers sont accouplés, le jeu peut devenir physiquement lourd.
Après une œuvre particulièrement intense, il n’est donc pas rare de voir un organiste transpirer derrière la console.
Les mains, le visage et même les claviers doivent parfois être séchés avant de commencer la pièce suivante.
Le public, lui, n’en remarque généralement rien.
Ce n’est donc pas que l’organiste reste simplement longtemps sans rien faire entre deux morceaux.
Als toetje 🧁 deze nog 2 meest liefelijke oude orgeltjes.
Et pour le dessert 🧁 – encore deux adorables petits orgues anciens
De véritables bijoux.
Le premier se trouve dans la Basilique de Notre-Dame-de-Valère (Burgkirche) à Sion, en Suisse.
Il s’agit du plus ancien petit orgue encore jouable au monde, datant d’environ 1435.
Il possède 376 tuyaux, dont 180 remontent encore au XVe siècle.
Le buffet gothique est décoré de peintures colorées représentant Marie avec l’Enfant Jésus et des saints.
L’ensemble évoque une forteresse médiévale — regardez les créneaux au sommet du buffet, à gauche et à droite.
Il fut construit à l’origine comme un Blockwerk, ce qui signifie qu’il ne possédait pas encore de registres séparés comme les orgues plus tardifs.
Plusieurs tuyaux correspondant à une même touche pouvaient donc sonner ensemble.
C’est l’une des raisons pour lesquelles les organistes doivent sérieusement s’entraîner pour jouer cet instrument ancien.
Le deuxième petit orgue est le plus ancien orgue des Pays-Bas.
Il fut construit vers 1479 à l’origine pour la Nicolaïkerk d’Utrecht.
Depuis les années 1950, son buffet est suspendu à Middelbourg.
Il n’est actuellement pas jouable, car son mécanisme intérieur n’est plus installé dans le buffet.
Le buffet médiéval original et le mécanisme historique existent encore tous les deux et sont actuellement conservés au CollectieCentrum Nederland (CC NL) à Amersfoort.
On y étudie et conserve les éléments afin de déterminer comment ils pourraient éventuellement être réunis et, à terme, retourner à la Nicolaïkerk d’Utrecht.
Ce petit bijou date donc lui aussi d’avant 1500 et est également un orgue de type Blockwerk.
(Il va falloir s’entraîner !) 😄
Le Rijksdienst néerlandais le décrit même, pour autant qu’on le sache, comme le plus ancien orgue au monde dont le buffet d’origine et le mécanisme historique existent encore tous les deux.